Stylo
d'adrénaline

Une nouvelle (2007) notice à l’usage du patient bénéficiant d’un stylo d’adrénaline.
« Avoir une trousse d’urgence c’est bien, savoir l’utiliser en cas de besoin, c’est mieux ».
E. Bidat,. B. Rossignol, H. Chassais

Dans la prise en charge du patient allergique bénéficiant d’un stylo auto-injectable d’adrénaline, il nous est rapidement apparu indispensable de joindre une notice explicative à la trousse d’urgence du patient, ou plan d’action. Sa création en 2003 (1) répondait à une nécessité éducative et correspondait implicitement à une demande des patients. Ce document « pour mémoire » reprenait de façon lisible et compréhensible toutes les étapes de la gestion d’une réaction allergique. Ce plan d’action édité avait pour objectif d’être applicable par tout l’entourage familial et éducatif de l’enfant. La précision de l’image et du texte semblaient sans ambiguïté. Les indications thérapeutiques ayant évoluées et les expériences vécues des patients nous ont amené à effectuer des corrections. Nous avons été amené à modifier certaines images et à remanier quelques phrases de la notice. Ces améliorations répondent

  • (i) à la moindre efficacité du numéro d’appel 112 que 15,
  • (ii) à l’extension des consignes d’utilisation de l’adrénaline et
  • (iii) aux incidents liés à la manipulation du stylo injecteur par les patients (2).

Le numéro d’appel aux secours d’urgences s’est uniformisé sur le territoire français. Le numéro d’urgence 15 peut être composé depuis le poste fixe ET le téléphone portable. Le 112, est toujours en vigueur mais c’est un numéro européen. Le standard qui répond peut être localisé dans n’importe quel pays d’Europe. En plus du problème de la langue de l’interlocuteur, le délai d’attente est souvent très long jusqu’à ce que la communication bascule en France. Pour que le patient vivant en France soit secouru dans les meilleurs délais, nous avons mis en évidence sur la nouvelle notice l’unique numéro d’appel 15 et nous avons supprimé le 112. Le numéro européen 112 est mentionné ou ajouté à la main par le médecin lorsqu’il informe le patient des précautions à prendre dans ses déplacements en Europe.

Les recommandations récentes étendent le champ des indications d’utilisation du stylo d’adrénaline et confirment la quasi-absence de risques à injecter de l’adrénaline à l’enfant (3). Dans la nouvelle notice, nous précisons les circonstances d’utilisation du stylo injecteur en accord avec les recommandations actuelles. L’aggravation des signes fait référence à un caractère « galopant » des manifestations déjà existantes (urticaire) ou à l’association avec d’autres signes naissants (rhinite, conjonctivite, asthme, …). Cette progression et association rapide des manifestations est indiquée avec la même notion d’urgence que l’apparition de signes plus spectaculaires : malaise, étouffement, perte de connaissance.

Dans une situation d’urgence, une mauvaise manipulation du stylo injecteur peut le rendre inutile. Des patients nous ont rapporté qu’après avoir débarrassé le bouton de sécurité rouge de son capuchon protecteur, ils ont malencontreusement déclenché le mécanisme avant d’avoir posé le stylo sur la cuisse et pour certains se sont injectés l’adrénaline dans leur propre main. Dans la nouvelle notice, nous modifions partiellement le texte et l’image dans la chronologie de la manipulation de l’Anapen®. Dans la première case, nous continuons à spécifier le caractère obligatoire d’appel aux urgences en cas d’utilisation de l’Anapen® mais en ne mentionnant que le 15. Les cases suivantes sont numérotées pour faciliter plus encore le déroulement des étapes de la manipulation du stylo :

  1. Le texte et l’image de la notice précédente sont toujours d’actualité : enlever le bouchon noir protecteur de l’aiguille ;
  2. Nous mettons en évidence la précaution de poser le stylo sur la cuisse, avant de libérer le bouton déclencheur : poser le stylo injecteur sur la cuisse, avec l’information orale « entre le pli et la couture du pantalon »(4), puis tirer le capuchon noir sécurité du bouton rouge ;
  3. Nous individualisons le texte de cette étape : appuyer sur le bouton rouge et maintenir 10 secondes pour renforcer le message « laisser le temps au produit de bien pénétrer » ;
  4. Grâce à la numérotation de la case, nous intégrons l’appel aux urgences comme une étape évidente et obligatoire dans la manipulation de l’Anapen®. Dans le texte apparaît l’équivalence anapen® = surveillance médicale ; l’ « image » confirme l’appel aux SECOURS en utilisant le 15.

Le format de la notice est conçu pour être intégré à la trousse d’urgence et pour rester disponible en permanence. La feuille doit être pliée selon les pointillés (textes et dessins à l’extérieur) et mise en forme d’« accordéon ». Elle présente ainsi d’un côté la marche à suivre en cas de réaction(s) et de l’autre la manipulation de l’Anapen®. La notice ne doit jamais être remise sans être commentée par l’éducateur et ré expliquée par le patient. Nous fournissons un exemplaire en noir et blanc et demandons au patient de colorier et de nommer son inhalateur, d’indiquer le nom de son anti-histaminique ; de colorier son Anapen® de la couleur réelle de son stylo, en individualisant bien le bouton rouge. Cette personnalisation permet d’avoir un plan d’action illustré qui rassurera /réassurera le patient dans les conditions réelles d’utilisation. L’emploi de la trousse d’urgence est souvent associé à une situation de stress, tout doit être mis en œuvre pour limiter les erreurs. Avec toutes ces précautions et ces améliorations, nous espérons que les objectifs fixés dans l’autogestion de la réaction allergique seront de plus en plus facilement atteints.

Références :

  1. Rossignol B, Chassais H, Bidat E. Une notice à l’usage du patient bénéficiant d’un stylo d’adrénaline. « avoir une trousse d’urgence, savoir l’utiliser en cas de besoin, c’est mieux » Alim’Inter 2004 ; 3 : 171-2.
  2. Bidat E, Clorennec C, Rossignol B, Feuillet Dassonval C. Education de l’allergie alimentaire sévère. Rev fr Allergol 2007 (sous presse).
  3. Joint task force. The diagnosis and management of anaphylaxis. An updated practice parameter. J Allergy Clin Immunol 2005 ; 115 : S483-S523.
  4. Lavaud J. Un début de repas mouvementé … et évolutif. Archives de pédiatrie 2006 ; 13 : 1589-91.

 


 

 

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La trousse d’urgence

En fonction des réactions allergiques passées, de la présence ou non d’asthme, le médecin peut recommander d’avoir toujours à portée de mains des médicaments pouvant arrêter les manifestations de l’allergie. Certains auront dans leur trousse d’urgence uniquement des antihistaminiques. D’autres qui ont déjà fait des crises d’asthme auront en plus un broncho-dilatateur. Pour les jeunes enfants qui ne savent pas prendre encore directement leur broncho-dilatateurs, il faudra une chambre d’inhalation. On en trouve désormais des petites qui ne prennent pas de place. Enfin certains devront également avoir avec eux de l’adrénaline injectable, utilisée pour éviter ou traiter les chocs anaphylactiques, qui, faut-il le rappeler, sont heureusement peu fréquents chez l’enfant. Les stylos auto-injecteurs simplifient grandement la vie des allergiques. Ils n’ont plus besoin de se promener avec une glacière ou chercher le réfrigérateur chez leurs hôtes.

 
Mode d'emploi du stylo ANAPEN ®

 

 

 

 

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© Allergienet 2007

Doc. créé le 15-Juin-2003
Mis à jour le 08-Mai-2007

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