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L’enseignement est obligatoire à partir de 6 ans. Si les parents le souhaitent, ils peuvent choisir d’attendre son 6e anniversaire pour mettre leur enfant à l’école. Cependant pour les parents souhaitant inscrire leur enfant à l’école maternelle, l’accueil est obligatoire. En effet, il s’agit d’une obligation sociale. Il en est de même pour la cantine et la garderie. Si le service est proposé, il doit répondre aux principes d’égalité et de solidarité. En dehors de très rares cas où l’organisation ne peut garantir la sécurité de l’enfant, un enfant ne peut être exclu de l’école, de la cantine ou de la garderie.
Le temps scolaire est géré par l’éducation nationale. L’école maternelle, les crèches et les haltes-garderies sont du ressort de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) tandis que le péri-scolaire et l’extra-scolaire (centres de loisirs, cantines,…) relèvent des mairies. Quant à la cantine, elle peut être également gérée par une société de restauration collective.
Ce sont les parents qui demandent l’établissement d’un Plan d’Accueil Individualisé.
Ce PAI sera rédigé par le médecin scolaire en concertation avec l’ensemble des intervenants sur base du certificat établi par le médecin traitant. En début d’année, les personnes impliquées se réuniront en vue d’expliquer les mises en garde spécifiques.
Les parents d’enfants allergiques hésitent à confier leur enfant à quelqu’un. Ils éprouvent une angoisse naturelle ainsi que la peur de l’inconnu. Certains parents seront perçus comme paranoïaques alors que leur demande est justifiée. Un enfant fortement allergique à un aliment sera en parfaite santé tant qu’il ne le consomme pas. Rien ne le distingue d’un autre enfant. Dès lors, il arrive que l’entourage doute de la réalité des allergies et ne prenne pas toujours les demandes au sérieux.
Il est donc important que le PAI se base sur un document officiel : le certificat délivré par le médecin traitant et/ou l’allergologue de l’enfant. C’est lui qui pourra être amené à discuter avec le médecin scolaire pour définir les conditions de l’accueil.
Dans le cas de l’allergie alimentaire, on peut différencier deux types de PAI :
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Dans la majorité des cas, il s’agit d’allergies se manifestant par de l’eczéma ou des symptômes ne mettant pas la vie en danger. Ce n’est bien sûr pas une raison pour ne pas tenir compte du régime même si les conséquences d’une erreur ne seraient pas dramatiques.
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Par contre, quand il existe un risque vital parce que l’enfant a déjà fait des réactions graves ou parce qu’il est considéré comme plus « à risque » (le fait d’avoir un asthme important associé à une allergie alimentaire par exemple), il faudra que l’entourage soit excessivement vigilant. Ainsi devront être décrits toutes les précautions à prendre, les signes d’alerte et le traitement à donner.
L’adrénaline, qui sera prescrite dans les cas où il existe un risque vital, se présente sous la forme d’un stylo auto-injecteur. Il est très simple à manipuler et l’injection se fait sur la cuisse, au travers des vêtements.
Les broncho-dilatateurs peuvent être facilement administrés, même chez de jeunes enfants, à l’aide d’un dispositif appelé chambre d’inhalation.
Ces gestes ne sont pas compliqués pour peu qu’ils aient été montrés. Il est donc important de prendre le temps de « former » les intervenants à ces pratiques.
Il ne s’agit pas de geste « d’experts » et la participation des parents aux démonstrations permet de le dédramatiser.
Oui. Le conseil de l’ordre des médecins a bien précisé que le fait de donner un médicament dans le cadre d’un PAI ne constituait pas un acte médical. Il ne peut donc y avoir de poursuite pour exercice illégal de la médecine si les médicaments donnés le sont dans le cadre d’un PAI. Ce document doit reprendre en langage non médical, compréhensible de tous, les signes d’alerte et les gestes à effectuer.
Indépendamment de tout PAI, il existe l’obligation de porter secours à une personne en détresse sous peine d’être accusé de non-assistance à personne en danger. Chacun devra agir en fonction de ses compétences. Il est évident qu’il y a une obligation de moyens mais pas de résultats.
Si le PAI a été signé, une personne qui refuse d’agir pourra être poursuivie sur le plan civil pour non-respect d’un contrat et sur le plan pénal (risque d’emprisonnement) pour non- assistance à personne en danger.
Il est bien évident que c’est la peur qui suscite ces blocages. On est plus facilement effrayé par ce que l’on ne connaît pas.
Il ne faut pas tenter de faire accepter les enfants en faisant planer la menace de sanctions mais en informant et en montrant comment l’on peut procéder pratiquement.
Selon la gravité de l’allergie :
- l’enfant pourra être accueilli en substituant simplement l’un des aliments du menu proposé (ce cas doit être réservé aux allergies « simples » sans risque vital) ;
- certaines sociétés de restauration et cantines proposent des repas spécifiques sans certains allergènes.
- il peut être demandé aux parents de fournir un « panier repas », ou un plateau repas garanti sans allergènes (conservation à température ambiante) ;
- pour certains cas très spécifiques, et rares, dans lesquels les enfants sont incapables de refuser les échanges ou réagissent déjà à des vapeurs d’aliments, il faut interdire l’accès à la cantine.
Le panier repas, c’est-à-dire un menu préparé par les parents et emporté à la cantine, n’est possible que par dérogation des services vétérinaires qui imposent une traçabilité et des conditions de suivi d’hygiène très strictes.
Sauf cas extrême (réaction aux vapeurs de nourriture par exemple), la cantine ne peut refuser la solution du panier repas. Il n’est pas nécessaire, comme cela a souvent été dit, de disposer d’un frigidaire et d’un four à micro-ondes spécifiques.
Les parents sont responsables du contenu du repas et du respect de la chaîne du froid.
Il est important que chacun expose les contraintes et les exigences qui lui sont propres. Les parents ne doivent pas considérer l’accueil de leur enfant comme un droit et imposer des exigences disproportionnées ou inadaptées à la structure d’accueil. Ils doivent absolument responsabiliser leur enfant et lui apprendre très tôt à refuser des échanges de nourriture par exemple.
Si le dialogue se fait dans un climat de respect et de confiance, chacun comprendra mieux les besoins spécifiques qui ne pourront peut-être pas être satisfaits. Les parents se sentiront moins frustrés s’ils comprennent que ce sont des difficultés d’organisation difficiles à résoudre plutôt que de la mauvaise volonté qui sont à l’origine du refus d’accueillir leur enfant.
Il est absolument impossible, malgré toutes les précautions prises, d’éviter à 100% la consommation d’un aliment « interdit ». Le risque zéro n’existe pas, que ce soit à l’école, à la maison ou ailleurs.
Il y a obligation de respecter le principe d’égalité pour l’accueil de chaque enfant. Les blocages proviennent souvent d’un manque de connaissance. Si les intervenants refusent de discuter, la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) peut être saisie en vue d’étudier le dossier. Elle ne peut pas obliger d’accueillir un enfant si l’organisation de l’institution de permet pas l’accueil en toute sécurité. Elle peut néanmoins imposer une reprise de dialogue.
Si pour des raisons de sécurité, un enfant est refusé à la cantine (cas excessivement rare), les parents peuvent demander une allocation pour financer une personne qui prendra l’enfant en charge durant la pause de midi.
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Les parents peuvent participer à la formation des intervenants en faisant par exemple des démonstrations de dispositifs de soins (chambre d’inhalation, stylo auto-injecteur). Si la démonstration est faite par des médecins, elle peut être perçue comme un acte médical, ce qui n’est pas le cas si ce sont les parents qui montrent la procédure à suivre.
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Les parents doivent demander où se trouve placée la trousse d’urgence. Il est important qu’elle soit accessible à tous moments, en particulier dans les situations à risque (à la cantine par exemple). Il ne faut pas hésiter à avoir plusieurs trousses placées dans des endroits différents et à insister pour que la trousse suive l’enfant dans les activités extérieures.
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La liste des aliments incriminés dans des réactions doit être affichée dans la cuisine de la cantine pour alerter les responsables. Certains aliments sont trompeurs (contiennent des ingrédients inattendus) et peuvent être la source de problèmes graves.
Il est vraiment nécessaire que l’accueil se fasse en toute connaissance de cause. Il faudra être vigilant et insister pour que le PAI ne reste pas qu’un document officiel de plus. C’est un contrat formalisant les conditions de l’accueil des enfants présentant des troubles de la santé évoluant sur de longues périodes. Il faut qu’il soit simple et clair. Sa signature implique une connaissance et une acceptation, par tous les intervenants, des conditions d’accueil. Il ne suffit pas que « tout se passe bien » mais que tout ait été fait pour qu’il y ait le moins de risques que cela se passe mal.
Le problème de l’accueil des enfants allergiques alimentaires se pose de façon différente en Belgique pour ce qui concerne les repas scolaires. En effet, traditionnellement, le repas de midi n’est pas nécessairement le repas principal. Il est donc très courant que les enfants, allergiques ou non, apportent leur « pique-nique » (panier repas). Cette pratique est admise dans les écoles et ne donne lieu à aucun contrôle vétérinaire ou autre. Du coup, les enfants allergiques qui apportent leur pique-nique ne se sentent pas du tout mis à l’écart.
Le problème de l’accueil dans les activités para-scolaires, de l’éviction des allergènes tels qu’animaux et acariens, et de l’administration des médicaments en cas d’urgence, est en revanche tout à fait présent. C’est pourquoi l’ASBL Prévention des allergies travaille avec des membres du comité scientifique à l’élaboration d’un projet d’accueil individualisé sur le modèle de ce qui existe en France.
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