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Allergie aux protéines du lait de vache
© Dr Fabienne Rancé
L'allergie aux protéines du lait de vache (APLV) correspond à une réaction adverse, reproductible,
par hypersensibilité immunologique aux protéines lactées bovines. Il s'agit de la quatrième allergie alimentaire chez l'enfant,
derrière l'oeuf, l'arachide et le poisson; elle est responsable de 12,6% des allergies alimentaires de l'enfant de moins de 15 ans
(25). (voir aussi Allergie au lait de chèvre et de brebis : pièges, astuces, conseils)
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L'incidence de l'APLV dans la population générale varie de 0,3 à
7,5% selon les études (2,8). Elle serait de 22,9 à 24% chez les
enfants atopiques (24). La prévalence ne serait que de 2,8% si la définition
prend en compte les résultats de l'éviction et des tests de provocation
(34). Il n'a jamais été mis en évidence d'association avec
le complexe majeur d'histocompatibilité HLA ; toutefois, le risque d'APLV
apparait plus élevé dans la fratrie (35). L'APLV a un début
précoce, souvent avant l'âge de 6 mois (27,43). Une sensibilisation
in utero, un passage de petites doses de protéines comme la bétalactoglobuline
dans le lait maternel (38), ou un premier biberon donné à la maternité
pendant les trois premiers jours de vie (37) favoriseraient la sensibilisation
aux protéines du lait de vache.
Le lait contient plus de trente protéines, toutes
potentiellement allergisantes (5,10). Les caséines et la
bétalactoglobuline sont le plus souvent en cause, mais toutes
les protéines peuvent être incriminées
(39).
ASPECTS CLINIQUES
Le tableau le plus typique est celui d'une urticaire aigüe survenant au sevrage
après l'absorption "préparante" d'un premier biberon de lait. Trois
mécanismes immunologiques sont décrits (27,41) ; les manifestations
cliniques sont principalement gastro-intestinales (50 à 80% des cas), également
cutanées (10 à 39% des cas) et respiratoires (19% des cas) (34,44).
L'APLV peut se manifester par un choc anaphylactique, et aussi par un syndrome
dit de "rescapé de mort subite" (20,28), et des observations de mort subite
du nouveau-né liées à une anaphylaxie au lait de vache ont
même été rapportées (22). Un choc anaphylactique est
noté par Navarro dans 10 à 15% des APLV: il peut inaugurer l'affection
ou, plus fréquemment, survenir au moment de réintroductions effectuées
dans un but diagnostique (27). Les tests cutanés sont positifs dans l'immense
majorité des cas d'allergie IgE-médiées et permettent, avec
le dosage des IgE sériques spécifiques, de définir les protéines
en cause. Le test de provocation, ou l'épreuve d'éviction-réintroduction
authentifie l'APLV. Ainsi, selon les études, seulement 8 à 30% des
cas d'allergie aux protéines du lait de vache soupçonnées
par la clinique et / ou la biologie sont confirmées (4,7,9,12,28). Le test
de provocation est potentiellement dangereux, le risque d'anaphylaxie non écarté,
et il doit être réalisé en milieu hospitalier (6).
ASPECTS THERAPEUTIQUES
Le traitement de l'APLV repose
sur l'éviction des protéines lactées bovines. Un régime
de remplacement est assuré par des substituts du lait ayant subi une hydrolyse
extensive des protéines. Cependant, il peut aussi exister une allergie
à ces hydrolysats de protéines, dans 1 à 2% des cas, probablement
par présence de peptides de poids moléculaire supérieur à
5000 daltons dans certains hydrolysats de caséine et de protéines
du lactosérum. On a pu proposer de réaliser des tests cutanés
vis à vis des différents hydrolysats pour guider le choix, et également
d'introduire en milieu hospitalier le substitut du lait proposé (32).
L'éviction totale des protéines est
parfois difficile. A cet égard, les observations de Sampson
sont démonstratives: le lait de vache a été
incriminé dans deux cas sur sept d'anaphylaxie presque fatale
chez des adolescents, par consommation de lait masqué dans un
gâteau ou des céréales (31). Le lactose
industriel, et à un degré moindre pharmaceutique, peut
révéler la présence de caséine et de
protéines du lactosérum (1). Les protéines du
lait peuvent également être présentes dans des
crèmes topiques (17), et des médicaments (30). Enfin,
la caséine peut être utilisée sous forme de
caséinate de sodium ou de calcium, comme dans les "hot-dog".
La législation n'impose pas de mentionner les
différents constituants, ce qui rend compte d'accidents
survenus avec certains produits industriels.
METHODES DE RÉ-INTRODUCTION
Les publications sur les modalités de ré-introduction sont peu nombreuses,
et celles-ci varient d'une équipe à l'autre (20). La réintroduction
est réalisée chez un enfant dont l'état clinique et nutritionnel
est devenu satisfaisant, en milieu hospitalier et sous surveillance médicale.
L'âge de première ré-introduction varie: 9 mois (4) à
18 mois 27). Il est en moyenne de 12 à 15 mois après le diagnostic
de l'APLV, puisque statistiquement, il faut un an à un an et demi pour
obtenir une guérison naturelle d'une allergie alimentaire à une
protéine du lait.
Une ré-introduction rapidement progressive, sur 24 à 72 heures,
est le plus communément pratiquée (Tableau I).
Tableau I : Exemple de ré-introduction
du lait de vache
(ré-introduction simple).
| J1 |
1 ml |
3 ml |
5 ml |
| J2 |
10 ml |
30 ml |
50 ml |
| J3 |
100 ml |
150 ml |
|
L'échec de cette ré-introduction conduit à repousser et à
tenter de nouvelles ré-introductions de 6 mois en 6 mois (27). On a pu
proposer de réaliser 3 ré-introductions par an (16). La tolérance
au lait par voie orale, encore appelée "ré-introduction-accoutumance"
ou désensibilisation par voie orale, est basée sur la connaissance
empirique de la disparition de l'allergie à une plante par ingestion de
ses feuilles, chez les indiens. Elle pourrait induire une suppression de la réponse
humorale, au moins dans les modèles expérimentaux, mais en fait,
on ne connait pas d'éléments relatifs à son mécanisme.
La tolérance orale se schématise par l'ingestion de lait sous la
forme de gouttes, à dose augmentée tous les jours pour arriver à
sept millilitres au quatrième jour. Puis, une augmentation progressive
de la posologie est réalisée à domicile. Plusieurs protocoles
de progression sont utilisés (31,45) (Tableau II).
Tableau II: Exemples de
Tolérance orale (ré-introduction-accoutumance).
| Exemple 1 |
| |
J1 |
1 goutte - 2 gttes - 4 gttes |
| |
J2 |
8 gttes - 16 gttes - 32 gttes |
| |
J3 |
64 gttes - 128 gttes |
| |
J4 |
7 ml |
| |
Puis, à domicile, augmentation d'1ml
par jour, pendant 15 jours |
| |
Puis, augmentation de 2 ml par jour, pendant
15 jours |
| |
Puis, régime libre. |
| Exemple 2 |
| |
J1 : 1 goutte, puis augmentation
d'une goutte par jour, pendant 3 semaines |
| |
Puis, augmentation d'1 ml par semaine,
pendant 2 mois, |
| |
Puis, augmentation de 10 ml par semaine,
pendant 1 mois, |
| |
A 50 ml par jour, régime libre. |
| Exemple 3 |
| 1- Lait dilué au 1/10 |
J1 à J3 |
4 gttes / j |
| |
J4 à J6 |
6 gttes / j |
| |
J7 à J9 |
10 gttes / j |
| |
J10 à J12 |
12 gttes / j |
| 2- Lait pur |
J 13 à J 15 |
1 gtte par jour |
| |
J16 à 18 |
2 gttes par jour |
| |
J19 à 21 |
4 gttes par jour |
| |
J 22 à 24 |
6 gttes par jour |
| |
J 25 à 27: |
10 gttes par jour |
| |
J 28 à 30 |
16 gttes par jour |
| |
J 31 à 33 |
32 gttes par jour |
| |
J 34 à 36 |
48 gttes par jour |
| |
J 37 à 40 |
40 gouttes fois 2 |
| |
J 41 à 44 |
40 gouttes fois 3 |
| |
J 45 à 48 |
40 gouttes fois 4 |
| |
J 49 à 52 |
50 gouttes fois 4 |
| |
J53 à 56 |
60 gouttes fois 4 |
| |
J 57 à 60 |
4,5 ml fois 3 par jour |
| |
J 61 à 64 |
5 ml fois 3 |
| |
J 65 à 68 |
6 ml fois 3 |
| |
J 69 à 72 |
5 ml fois 4 |
| |
J 73 à 76 |
6 ml fois 4 |
| |
J 77 à 80 |
7 ml fois 4 |
| |
J 81 à 84 |
7 ml fois 4 |
| |
J 85 à 88 |
9 ml fois 4 |
| |
J 89 à 92 |
15 ml fois 4 |
| |
J 93 à 96 |
15 ml fois 5 |
| |
J 97 à 100 |
30 ml fois 3 |
| |
J 101 à 104 |
50 ml fois 2 |
Les résultats sont bons, en dehors de la dermatite atopique
(45).
En pratique, la désensibilisation est
exceptionnellement réalisée, en dehors d'un risque
vital, de l'impossibilité d'une éviction totale, ou
lorsque l'allergie alimentaire complique la vie courante en
compromettant l'insertion scolaire du jeune enfant (26). Il faut
s'assurer d'un mécanisme IgE-médiée. La
désensibilisation est débutée par voie
sous-cutanée à concentrations très faibles. La
dose initiale se situe à plusieurs dilutions au dessous de la
réponse obtenue au prick-test. Lorsque la dose atteint le
milligramme, le relais est pris par la voie orale. L'antigène
le plus proche de la réalité immunologique doit
être utilisé, bétalactoglobuline,
alphalactalbumine au lieu du lait entier par exemple. L'ajustement et
la surveillance du traitement est parfois délicat. Les
résultats sont variables (20,26). Il est également
possible d'effectuer une immunothérapie
accélérée, selon le principe du semi-rush. On
peut s'aider d'un traitement médicamenteux, tel que le
cromoglycate disodique par voie orale (20). Une amélioration a
été obtenue dans 3 cas sur 4 par Terki (41). On peut
également associer un anti-histaminique à effet
sérique spécifique.
EVOLUTION
L'allergie aux protéines du lait
de vache guérit dans 80 à 90% des cas, d'autant qu'elle aura débuté
précocément et que la ré-introduction sera suffisamment précoce.
La plupart des enfants tolèrent le lait de vache avant l'âge de trois
ans (2,4,19). Cependant, les résultats diffèrent avec les études,
et il apparait 20 à 30% de formes rebelles, principalement dans les formes
IgE-médiées et associées à d'autres allergies alimentaires
(2,14,16). Ultérieurement, les enfants pourront développer d'autres
manifestations d'atopie.
Notre expérience porte sur 60 enfants, 26 filles et 34 garçons atteints
d'intolérance aux protéines du lait de vache diagnostiquées
en moyenne à l'âge de 2 mois 7 jours (de 7 jours à 7 mois),
et recontactés en moyenne 5 ans et demi après le diagnostic (de
13 mois à 14 ans 9 mois). Ces enfants ont tous des prick-tests et des IgE
sériques spécifiques positifs pour une ou plusieurs protéines
lactées bovines. L'allaitement maternel est noté pour les trois
quart des enfants, ce qui coroborre les données de la littérature.
Une atopie familiale est relevée chez 85% des enfants. Les manifestations
cutanées sont prédominantes (71,6% des cas), suivies des manifestations
digestives (45% des cas). Les signes respiratoires sont relevés dans 13,3%
des cas et le choc anaphylactique est noté dans 11,6% des observations
(Tableau III).
Tableau III : Manifestations initiales
observées chez 60 enfants
allergiques aux protéines du lait de vache.
| |
Nombre |
| Cutanées |
43/60 |
71,6 |
| Digestives |
27/60 |
45 |
| Respiratoires |
8/60 |
13,3 |
| Anaphylaxie |
7/60 |
11,6 |
Nous avons pu constater 43 guérisons (71,6% des cas) et 17 allergies "fixées"
(28,3% des cas). Dans le premier groupe, 13 enfants sur 43 ont développé
des allergies alimentaires (12 fois à l'oeuf, 7 fois à l'arachide,
3 fois au poisson, 1 fois à la moutarde ou à la noisette); 10 enfants
sur 43 ont manifesté un asthme ou une rhinite. Les formes fixées
sont associées à une autre allergie alimentaire de façon
significativement plus fréquente que les formes d'évolution favorable
(p 0,004) (Tableau IV).
Tableau IV : Allergies alimentaires
associées et évolution vers des signes respiratoires chez les
allergiques aux protéines du lait de vache, en fonction de la tolérance
au lait (p: test exact de Fisher).
| |
Tolérant |
% |
Non tolérant |
% |
P |
| N |
43 |
71,6 |
17 |
28,3 |
|
| Atopie |
36 |
83,7 |
15 |
83,3 |
NS |
| AA associée |
13 |
30,2 |
12 |
70,5 |
0,004 |
| Oeuf |
12 |
92,3 |
5 |
41,6 |
|
| Arachide |
7 |
53,8 |
1 |
8 |
|
| Poisson |
3 |
23 |
1 |
8 |
|
| Moutarde |
1 |
7,6 |
|
|
|
| Noisette |
1 |
7,6 |
|
|
|
| Boeuf |
2 |
|
4 |
|
|
| Soja |
1 |
|
3 |
|
|
| Hydrolysat |
1 |
|
2 |
|
|
| Asthme, rhinite |
10 |
23,2 |
11 |
64,7 |
0,003 |
Les formes "fixées" ont également évolué plus fréquemment
vers des signes respiratoires, avec une différence significative entre
les deux groupes (p 0,003). L'âge moyen de tolérance est de 19 mois,
au terme de 1,6 réintroduction par enfant. Ceux qui ne tolèrent
pas les protéines lactées bovines ont, en moyenne, bénéficié
de 2,2 réintroduction par enfant (jusqu'à 10 réintroductions
pour un enfant) (Tableau V).
Tableau V : Méthodes de réintroduction, évolution
des paramètres immunologiques et manifestations initiales en fonction de
la tolérance au lait de vache, chez 60 enfants allergiques aux protéines
lactées bovines (p test exact de Fisher).
| |
|
Tolérant |
% |
Non tolérant |
% |
P |
| Age moyen de tolérance |
19 mois |
|
|
|
|
|
| R. moyenne par enfant |
|
1,6 (1 à 4) |
|
2,2 (0 à 10) |
|
|
| Age 1ère R. (moyenne) |
|
15 mois |
|
15 mois |
|
NS |
| Réintroduction simple |
|
56 |
|
24 |
|
NS |
| Tolérance orale |
|
16 |
37 |
14 |
82,3 |
0,001 |
| IgE et TC (augmentation) |
|
7 |
16,2 |
7 |
41,1 |
0,036 |
| Symptômes |
|
|
|
|
|
|
| |
Cutanés |
32 |
74,4 |
12 |
70,5 |
NS |
| |
Digestifs |
18 |
41,8 |
9 |
52,9 |
NS |
| |
Respirat |
5 |
11,6 |
5 |
29,4 |
NS |
| |
Anaphyl |
3 |
6,9 |
3 |
17,6 |
NS |
Les deux groupes se différencient significativement sur l'évolutivité
dans le temps des examens paracliniques, avec une élévation dans
le temps du taux des IgE sériques spécifiques et/ou de la réactivité
cutanée aux différentes protéines. Une réintroduction
accoutumance a été effectuée de façon significativement
plus importante dans le groupe des allergies "fixées" (Tableau V). Les
manifestations initiales ne font pas apparaître de différence significative
entre les deux groupes. L'étude de Bock réalisée chez 501
enfants, note que les 11 allergiques aux protéines du lait de vache sont
tolérants à trois ans (4). Pour Jakobson, la tolérance est
acquise dans 50% des cas à neuf mois, et une guérison définitive
est obtenue à un an dans 90% des cas (2,15). Dans le travail de Bishop,
réalisé chez 97 enfants allergiques aux protéines du lait
de vache (test de provocation positif), avec un âge moyen au moment du diagnostic
de seize mois, 28% des enfants sont guéris à deux ans, 56% à
quatre ans et 78% à six ans. L'allergie aux protéines du lait de
vache est associée dans 78% des cas à une autre allergie alimentaire:
oeuf (58%), soja (47%) et arachide (34%). Ces enfants ont développé un asthme dans 40% des cas, une dermatite atopique dans 21% et une
rhinite dans 43% (2).
Ainsi, la tolérance aux protéines lactées bovines varie de
38 à 100% des cas, selon les études (2, 3, 14, 16, 33, 34). Notre
étude est comparable à celles d'Isolauri et de Schrander, en ce
qui concerne le pourcentage d'allergie aux protéines du lait de vache rebelles,
et l'association à d'autres allergies alimentaires (14, 34) (Tableau VI).
Tableau VI : Evolution de l'allergie aux protéines
du lait de vache et allergie alimentaire associée chez l'enfant. N: nombre;
APLV: allergie aux protéines du lait de vache; AA: allergie alimentaire;
Obs. Pers.: observations personnelles.
| |
Bock |
Bishop |
James |
Isolauri |
Schrander |
Schrander |
Obs. Pers. |
| Années |
1987 |
1990 |
1992 |
1992 |
1993 |
1993 |
1995 |
| N total |
501 |
|
|
|
80 |
1158 |
|
| N suspects |
72 |
|
|
|
|
211 |
|
| N APLV |
11 |
97 |
29 |
37 |
88 |
26 |
60 |
| Tolérance |
|
|
|
|
|
|
|
| à 1 an (%) |
|
|
7 |
15 |
|
|
23 |
| à 2 ans |
|
28 |
|
33 |
|
|
56 |
| à 3 ans |
100 |
|
38 |
67 |
51 |
|
66 |
| à 4 ans |
|
56 |
|
67 |
|
75 |
70 |
| à 5 ans |
|
|
|
|
|
|
71 |
| à 6 ans |
|
78 |
|
|
|
|
|
| Autres AA (%) |
|
75 |
|
35 |
42 |
|
35 |
Les facteurs prédictifs d'une acquisition de la tolérance au lait
seraient un taux initial d'IgE spécifiques bas et/ou diminuant sous régime
d'éviction (3,13,39), une perte de la réactivité cutanée,
un rapport IgE / IgG bas ou diminuant avec le temps (16) et l'absence d'autres
allergies alimentaires associées (14). Par contre, ces auteurs n'ont pas
noté de corrélation avec le taux d'IgG, d'IgG1 et d'IgG4 spécifiques
(3,11,13,16).
PRÉVENTION
Le développement des maladies
atopiques pourrait être influencé par le lait maternel, et le temps
de la première exposition avec les protéines étrangères.
Cette question reste controversée et non résolue (40). L'administration
de protéines du lait de vache, à des doses qui entrainent une tolérance
chez les rongeurs adultes, entraine une sensibilisation chez le rongeur nouveau-né,
entre un et trois jours de vie (40). L'alimentation au sein seule, ou complétée
avec un hydolysat de protéines, une diversification tardive après
6 mois et un retard d'introduction des aliments à risque parait protéger
le développement de l'allergie aux protéines du lait de vache et
de la dermatite atopique aux âges de 4, 6 et 7 ans (12, 36, 42, 44, 46).
Toutefois, ces restrictions diététiques ne modifient pas l'évolution
vers l'asthme et les sensibilisations respiratoires. D'autres facteurs, génétiques
et environnementaux jouent probablement un rôle important. Des progrès
sont nécessaires pour comprendre le mécanisme de la tolérance
orale et pour assurer des mesures préventives efficaces.
RÉSUMÉ
L'allergie aux protéines du lait de vache
(APLV) correspond à une hypersensibilité immunologique
aux protéines lactées bovines. Le tableau clinique le
plus typique est celui d'une urticaire aigüe survenant au
sevrage. Le test de provocation, ou l'épreuve
d'éviction-réintroduction authentifie l'APLV. Les
modalités de réintroduction sont variables selon les équipes, et l'âge de première
ré-introduction est en moyenne de 12 à 15 mois
après le diagnostic. Notre expérience porte sur 60
enfants atteints d'APLV diagnostiquées en moyenne à l'âge de 2 mois 7 jours et recontactés en moyenne à 5 ans 6 mois.
Nous avons pu constater 43 guérisons
(71,6% des cas) et 17 allergies "fixées" (28,3% des cas). Une
allergie alimentaire associée, une évolution vers des
signes respiratoires, un taux d'IgE sériques
spécifiques et/ou une réactivité cutanée à une ou plusieurs protéines du lait s'élevant dans le temps,
sont les éléments notés dans le
groupe des formes "fixées", avec une différence
statistiquement significative entre les deux groupes. Une meilleure
connaissance des mécanismes du développement des
maladies atopiques pourra permettre d'assurer des mesures
préventives efficaces.
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RÉFÉRENCES
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