L'allergie alimentaire :
comprendre les listes d'ingrédients

Etienne Bidat, Corine Tressol

L’allergie alimentaire complique les achats. Le consommateur allergique est tenu de lire attentivement les étiquettes. La législation sur l’étiquetage des denrées préemballées au niveau de la Communauté Européenne facilite néanmoins sa tâche.


L'étiquetage

La réglementation Européenne (Directive 2003/89/CE du parlement Européen et du conseil du 10/11/2003, Arrêté du 2/8/2005, décret n° 2005-944) facilite la vie des allergiques alimentaires, du moins pour ceux qui sont allergiques aux allergènes dits «notoires ». Les allergènes « notoires » doivent toujours apparaîtrent dans la liste des ingrédients. Ces aliments ont été choisis car Il s’agit des substances causant «des réactions sévères, fréquentes et prouvées». Cette liste évolue avec l’apparition de nouvelles allergies alimentaires. Initialement la liste comprenait douze aliments, aujourd’hui 14 aliments, sont d’étiquetage obligatoire. C’est-à-dire que quelque soit la quantité introduite dans une préparation, l’aliment doit apparaître dans la liste des ingrédients. Cela ne veut pas dire que les aliments qui ne sont pas considérés comme des « allergènes notoires » ne figureront pas dans la liste des ingrédients. Il existe pour ces aliments des dérogations s’ils entrent dans la composition d’un aliment complexe.

Dans la liste des ingrédients, l’ordre d’apparition des aliments est fonction de la quantité introduite. Plus l’aliment est en tête de liste, plus le produit fini en contient. Ainsi si la cacahouète figure en deuxième position de la liste l’aliment contient probablement des quantités importantes d’arachide. Si arachide figure en fin de liste le produit final contient des quantités probablement infimes d’arachide.

Listes des 14 aliments à étiquetage obligatoire :

  1. Céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, Kamut) et produits à base de ces céréales
  2. Crustacés et produits à base de crustacés
  3. Oeufs et produits à base d’œufs
  4. Poissons et produits à base de poissons
  5. Arachides et produits à base d’arachide
  6. Soja et produits à base de soja
  7. Laits et produits laitiers (y compris lactose)
  8. Fruits à coque (amande, noisette, noix, noix de cajou, noix du Brésil, noix de Macadamia et noix du Queensland, et produits à base de ces fruits)
  9. Céleri et produits à base de céleri
  10. Moutarde et produits à base de moutarde
  11. Graines de sésame et produits à base de graines de sésame
  12. Anhydride sulfureux et sulfites > 10 mg/kg (ou 10 mg/l) en SO2
  13. Mollusques et produits à base de mollusques
  14. Lupin et produits à base de lupin

Directive 2003/89/CE du parlement Européen et du conseil du 10/11/2003, Arrêté du 2/8/2005, décret n° 2005-944

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?
uri=CELEX:32003L0089:FR:HTML
 

 

Laits et produits laitiers (y compris lactose)

Le lait et les produits à base de lait sont d'étiquetage obligatoire. C'est à dire que leur mention doit figurer dans la liste des ingrédients (directive européenne 2003/89/CE). Le plus souvent les termes lait, beurre, fromage, crème figurent dans la liste des ingrédients. Le consommateur étant censé ne pas ignorer que la crème contient du lait. Parfois cela est plus subtil et des produits à base de lait peuvent être uniquement indiqués sous le terme :

  • caséinate,
  • caséinelactalbumine,
  • lactoglobuline,
  • lactoprotéines,
  • sérum albumine
  • lactose
  • protéines lactées

 

L’étiquetage dit préventif… les industriels se protègent ?

Certains industriels se sont mis à mentionner le risque de présence fortuite de certains allergènes dans leurs produits. Il suffit que dans une usine soient, par exemple, introduites des cacahuètes pour que tous les aliments issus de cette usine portent la mention de « traces d’arachide », « peut contenir de l’arachide », ou plus simplement encore que le terme arachide apparaisse à la fin de la liste des ingrédients. Les industriels couvrent leur responsabilité et prémunissent le consommateur de tout risque. Mais l’information n’est ni claire ni généralisée et complique singulièrement les achats des allergiques. Aussi les associations de personnes allergiques sont en discussion avec les industriels et avec les pouvoirs publics pour élaborer un code de langage commun qui informe réellement les consommateurs.

Evolution

Une réflexion est en cours sur le seuil d’étiquetage. Il n’est pas possible d’exclure toutes les traces d’un aliment. On va peut-être s’orienter vers un étiquetage qui évite des réactions à la plus grande majorité des allergiques. Les exceptionnels allergiques à des quantités infimes d’aliments ne seront pas certains, pour tous les aliments, qu’ils ne contiennent pas des quantités infimes d’allergène. La nouvelle législation Européenne publié le 22 novembre 2011, sous la forme du règlement n°1169/2011, précise que l’information sur la présence des allergènes alimentaires les plus courants incorporés dans la recette devient obligatoire dans les denrées alimentaires non préemballés, cette information devra être disponible sur l’ensemble des lieux de vente ou de restauration. Cette recommandation devrait s’appliquer fin 2014.

 

 

 

 

© Allergienet 2012

Doc. créé le 15-Juin-2003
Mis à jour le 03-Jan-2012

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