Allergie, diagnostic

 

© Dr Etienne BIDAT AllergieNet

Plus d’un enfant sur cinq est allergique
L’allergie n’est pas une maladie. Elle représente plutôt le facteur étiologique de certaines maladies, parmi d’autres facteurs. L’allergie est un motif fréquent de consultation. Lorsqu’elle touche les enfants, ceux-ci sont surtout gênés par des signes respiratoires ORL ou bronchiques, parfois associés à des signes oculaires, cutanés, digestifs ou généraux. Des symptômes respiratoires répétés n’orientent pas toujours vers une allergie.

 

Quand penser à l’allergie ?

  • Rhinopharyngites et otites récidivantes
  • Obstruction nasale chronique
  • Conjonctivites récidivantes
  • Laryngites récidivantes
  • Sinusite chronique
  • Toux,encombrements, « bronchites sifflantes »
  • Asthme
  • Urticaire
  • Dermatite atopique
  • Choc anaphylactique
  • Manifestations digestives récidivantes

Etiologies des rhinites récurrentes

  • Rhinite à composante allergique
  • Rhinites infectieuses
  • Rhinite vaso-motrice
  • Malformation (déviation septale, imperforation choanale)
  • Tumeur des fausses nasales et du cavum
  • Corps étranger

Quels sont les allergènes les plus fréquents ?

  • les acariens de la poussière de maison (essentiellement dermatophagoides ptéronyssinus et dermatophagoides farinae),
  • les pollens de graminées,
  • les blattes,
  • les phanères d’animaux (notamment le chat),
  • quelques moisissures (alternaria, cladosporium),
  • certains aliments.

Différencier la sensibilisation de la sensibilité

Prouver la responsabilité d’un allergène dans la symptomatologie repose avant tout sur la clinique. Les examens complémentaires n’ont qu’un rôle d’appoint pour confirmer l’interrogatoire.
Il faut différencier la sensibilisation de la sensibilité. La sensibilisation correspond à la fabrication par un individu d’IgE spécifiques d’un allergène, à la suite de contacts avec cet allergène ; cette sensibilisation se traduit par la présence d’IgE tissulaires (tests cutanés positifs) et plasmatiques (IgE spécifiques positives). Après un nouveau contact avec l’allergène l’individu peut ne pas présenter de manifestations cliniques, il existe une simple sensibilisation ; s’il existe des manifestations cliniques une sensibilité à l’allergène s’exprime.

Quels sont les éléments de l’enquête allergologique ?

  • L’interrogatoire :

    • Les antécédents familiaux et personnels
      • Si les deux parents présentent des manifestations allergiques le risque de manifestations à caractère allergique est de 65% dans leur descendance.
      • Si un seul des parent est allergique le risque est de 30%.
      • Si les deux parents ne sont pas allergiques le risque de manifestations à caractère allergique est néanmoins de 15% dans leur descendance.
      • De même, si l’enfant a déjà présenté une intolérance aux protéines de lait de vache, ou un eczéma atopique, il est probable que cet enfant est toujours allergique.
    • Evoquer le ou les allergènes à l’origine des troubles. Pour chaque allergène, il existe, pour le spécialiste, une histoire clinique évocatrice.
  • Les tests cutanés :

    • Ils confirment le plus souvent l’impression clinique.
    • Ils sont pratiqués par prick avec des extraits d’allergènes. Il n’existe pas de limite inférieure d’âge pour pratiquer les tests cutanés, mais la réactivité cutanée est plus faible chez les jeunes enfants, cette réactivité augmente pour atteindre un pic entre 15 et 25 ans.
    • La reproductibilité des tests cutanés n’est pas parfaite, tout particulièrement chez le jeune enfant.
    • Il faut répéter une enquête cutanée négative si les signes persistent.
  • La recherche d’une hyperéosinophilie :

    La recherche d’une hyperéosinophilie supérieure à 400, c’est un argument pour l’origine allergique des troubles, mais ce test manque de spécificité. L’hyperéosinophilie est aussi retrouvée en cas de parasitose, de stress, de prise médicamenteuse, et surtout chez l’enfant atteint d’infection virale.

  • Les tests de dépistage de l’allergie (phadiatop*, l’allergy screen* …)

    S’ils sont positifs, ils témoignent d’une sensiblisation à un ou des allergènes inhalés (pneumallergènes) contenu dans le test. La fiabilité d’un bon test est de 90 à 95 %. Un test négatif n’est pas en faveur d’une allergie aux pneumallergènes à l’origine des manifestations, mais cela n’est pas absolu. Ces tests n’explorent pas tous les pneumallergènes et ils ne contiennent aucun allergène alimentaire. Chez l’enfant en bas-âge, il peut être nécessaire de les coupler à la recherche d’IgE spécifiques des principaux allergènes alimentaires de l’enfant (lait de vache, blanc d’oeuf, morue, blé, soja, arachide). Chez le petit enfant la présence d’IgE spécifiques tissulaires ou plasmatiques pour les oeufs et l’arachide sont le témoin d’une sensibilisation ou sensibilité à ces aliments, ou simplement d’un terrain atopique ; le complément d’enquête allergologique le détermine.

  • IgE totales

    Pour dépister un terrain atopique le dosage des IgE totales est beaucoup moins sensible et moins spécifique que les tests de dépistage du terrain allergique. De multiples pathologies sont responsables d’une augmentation des IgE totales, notamment les infections virales.

  • IgE spécifiques

    quand il existe une discordance entre l’interrogatoire et les tests cutanés, ou quand la pratique des tests cutanés n’est pas possible.

  • Tests de provocation

    Il consiste à exposer l’organe cible à l’allergène présumé responsable des manifestations et à mesurer la réponse au niveau de cet organe.
    En cas de manifestations respiratoires on expose le nez ou les bronches à des concentrations croissantes de l’allergène, on considère le test positif si le patient présente une obstruction bronchique ou nasale.
    En cas de suspicion d’allergie alimentaire le test de provocation est très souvent nécessaire pour affirmer le diagnostic. Le patient ingère des quantités croissantes de l’aliment suspect (ou d’un placebo) et on observe les réactions cutanées, respiratoires, digestives et générales.

  • Le dosage des allergènes

    Le dosage des allergènes dans l’environnement du patient est maintenant possible pour certains allergènes. Il permet, dans les cas difficiles, de vérifier la concordance entre la présence de signes cliniques et un niveau élevé d’allergène. Ces techniques sont appelées à se developper.

Stratégie pour le non spécialiste

  1. Recherche d’un terrain allergique par l’interrogatoire et les tests de dépistage devant des signes pouvant évoquer d’autres étiologies, comme l’obstruction nasale chronique, la toux persistante, l’asthme.
  2. Si ces tests sont positifs, compléter l’enquête par les tests cutanés. Si les tests de dépistage sont négatifs la poursuite de l’enquête dépend du type de manifestation, du degré de gêne, de l’âge du patient, de l' »impression » clinique du médecin, de la demande de la famille.

Stratégie pour le spécialiste

Histoire du signe allergique

La base de la démarche diagnostique est l’interrogatoire. Il est donc indispensable de connaître les détails de l’histoire du signe, les lieux et circonstances de survenus … l’interrogatoire est vraiment « policier ».

 

 

Publié le 15 avril 2013 - Mis à jour le 15 avril 2013