Blattes, allergie chez l’enfant

 

© Dr Etienne BIDAT-AllergieNet

Depuis quelques années on s’inquiète du rôle pathogène des blattes (cafards) en milieu urbain. La blatte germanique (blatella germanica) est déjà reconnue en France comme un allergène majeur de la poussière de maison chez l’adulte. Les études pédiatriques sont plus rares.

 

La prévalence de la sensibilisation aux blattes

Chez 53 enfants agés de 6,3 +/- 3,5 ans (moyenne +/- Déviation Standard) présentant des « bronchites sifflantes » à répétition, associées à une rhinite (14/53) et/ou une dermatite atopique (8/53), nous avons pratiqué des tests cutanés par prick (Stallerpointe) pour les principaux pneumallergènes de l’enfant en région parisienne (extraits des laboratoires Stallergènes Pasteur). Un test est considéré positif si il est supérieur de 3 mm au témoin négatif glycéro salin et supérieur ou égal à la moitié du témoin positif phosphate de codéine à 9 %. La prévalence de l’allergie aux pneumallergènes basée sur la concordance entre l’histoire clinique et les tests cutanés positifs est de 68 % (36/53). Chez 9/53 enfants les tests sont positifs pour la blatte germanique (16,9 %), chez 7 d’entre eux des tests positifs pour d’autres pneumallergènes sont retrouvés ( Dermatophagoides pteronyssinus et farinae 7/7, dactyle 3/7, arbres de parc 1/7, bétulacés 1/7, alternaria 1/7, cladosporium 1/7, chat 1/7). Chez 2 enfants les tests ne sont positifs que pour la blatte germanique : on aurait donc manqué le diagnostic sans recherche systématique de la sensibilisation à la blatte. Cette sensibilisation à la blatte, appréciée par les test cutanés, est bien sûr moins fréquente que celle pour Dermatophagoides pteronyssinus (18/53, 34 %) ou Dermatophagoides farinae (26/53, 49 %), mais elle est aussi fréquente que celle au chat (9/53) ou au dactyle (10/53)
La prévalence de la sensibilisation aux blattes varie suivant les auteurs de 14 à 60% ; ces résultats dispersés sont à rattacher aux différences dans les techniques diagnostics et à l’hétérogénéité des populations étudiées : la sensibilisattion aux blattes varie beaucoup d’une communauté urbaine à l’autre et d’un quartier à l’autre, elle est plus importante quand les conditions socio-économiques sont mauvaises.
Dans les situations difficiles, afin de confirmer le diagnostic d’allergie à la blatte, un test de provocation nasal peut être souhaitable. Il ne présente pas les risques d’un test de provocation bronchique, tout en fournissant des informations comparables.

Le traitement de l’allergie à la blatte

Le traitement de l’allergie à la blatte repose avant tout sur la désinsectisation. Pour être efficace, en immeubles collectifs, elle doit être pratiquée dans tous les appartements, les couloirs, … elle n’est pas obligatoire de la part du propriètaire et pose ainsi un véritable problème de santé publique. Les produits habituels sont souvent irritants chez l’asthmatique, mieux vaut donc les utiliser en dehors de sa présence. Se pose également dans les collectivités le problème du stockage des denrées alimentaires et l’isolement des poubelles.

La blatte germanique

La blatte germanique est donc un allergène majeur de la poussière de maison, et un allergène fréquent chez l’enfant. Comme chez l’adulte il est donc souhaitable d’en rechercher systématiquement la sensibilisation dans le bilan de manifestations allergiques, au même titre qu’une sensibilisation aux acariens, pollens, phanères d’animaux.

 

 

Publié le 15 avril 2013 - Mis à jour le 15 avril 2013