poly-allergie, bien vivre avec

La poly-allergie allie souvent de nombreuses allergies alimentaires et des allergies aux pollens, aux animaux, aux acariens. Elle perturbe la vie de l’enfant et des parents mais correctement prise en charge, elle se gère au mieux.

L’importance d’un bon bilan

Chez l’enfant connu comme allergique, les résultats d’un nouveau bilan peuvent affoler les parents : « notre enfant est allergique à tout ! ». Il ne faut pas confondre sensibilisation et allergie. Un enfant peut avoir des tests positifs au soja, à l’œuf… mais ne faire aucune réaction lorsqu’il consomme ces aliments, il s’agit d’une simple sensibilisation, sans allergie (voir questions 52, 100).

La poly-allergie alimentaire évolue

Dans certains cas, rares, l’enfant réagit à de nombreux aliments et son régime alimentaire est alors très peu diversifié. Une surveillance diététique s’impose pour éviter toutes carences nutritionnelles. Les allergies pouvant disparaître avec le temps, l’enfant doit être suivi régulièrement pour réévaluer ses allergies. S’il existe des arguments pour la disparition d’une allergie, une réintroduction pourra être tentée. Sous régime d’éviction adapté l’enfant se porte mieux. Certes la variété de ce qu’il peut manger est restreinte mais il n’a plus les signes qui le gênaient, cela justifie grandement les sacrifices consentis pour suivre le régime. Les allergies alimentaires évoluant souvent favorablement, le régime contraignant ne sera pas définitif.

Un diagnostic précis, une réévaluation régulière, pour bien vivre sa poly-allergie

Jean est allergique. Dès l’âge de deux mois, il présente des plaques d’eczéma sur le corps. Vers l’âge d’un an deux œdèmes de Quincke apparaissent, le premier avec une pâte à tartiner à la noisette, le second avec de la mousse au chocolat. Le bilan montre une allergie à l’œuf, l’arachide, la noisette, la moutarde, le poisson. Les parents constatent que Jean réagit aussi à la viande rouge saignante, au melon, aux lentilles, aux petits pois, à la banane, au kiwi, et il ne tolère plus les chats. Après plusieurs bronchiolites, un asthme est détecté. Régulièrement un bilan est effectué et des tests de réintroduction conduits à l’hôpital sont pratiqués. Jean a aujourd’hui bientôt six ans. Les tests ont prouvé qu’il est encore allergique à la noisette. Le test de provocation à l’arachide a montré qu’il réagissait (un petit bouton) à quatre grammes de cacahuète. Il peut donc consommer des produits à base d’huile d’arachide ou lorsqu’il est indiqué « traces éventuelles d’arachide ». L’été, il se délecte de melon et de carpaccio, ces allergies ont donc disparu. À titre préventif, ses parents évitent juste de lui donner des fruits exotiques. Comme il est allergique aux acariens et à certains pollens, sa chambre est aménagée en conséquence et il prend un traitement au moment de la saison des pollens. Son asthme, très modéré, est suivi régulièrement. La mise en place d’un régime d’éviction, des examens réguliers permettant de réévaluer les allergies, des mesures de prévention ont aidé Jean à vivre au mieux sa poly-allergie.

La prévention reste utile

Même chez l’enfant poly-allergique, il est important de mettre en place des mesures préventives pour éviter qu’il développe encore d’autres allergies.

 

Publié le 15 avril 2013 - Mis à jour le 15 avril 2013