Allergie : La maladie du siècle

Les allergies : on en parle de plus en plus, pourquoi L’asthme, l’eczéma et les rhino-conjonctivites, principales maladies allergiques, étaient rares il y a quelques dizaines d’années. Elles sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes et posent un vrai problème de santé publique.

 

Une augmentation dans les années soixante

C’est à partir des années 60 qu’une augmentation est observée. Les études récentes sont formelles, cette hausse est bien réelle, elle n’est pas liée à une meilleure connaissance de ces maladies ou à une plus grande attention portée aux personnes souffrant de troubles allergiques. Actuellement en France, plus de 10 % des enfants sont asthmatiques, 15 à 20 % des petits enfants sont atteints d’eczéma, 4 à 8 % des enfants d’âge préscolaire ont une allergie alimentaire et 20 % de la population générale souffre de rhinite. Toujours en France, la fréquence de l’asthme a doublé chez l’enfant en une quinzaine d’années et sa sévérité croît également. Dans d’autres pays industrialisés le nombre d’asthmatiques, chez l’enfant et les jeunes adultes, a triplé ou quadruplé au cours des 20 dernières années.

Une augmentation liée à l’apparition de nouveaux facteurs environnementaux

Cette augmentation de la fréquence des maladies allergiques est beaucoup trop rapide pour être expliquée par une modification du patrimoine génétique. Par contre, les modifications du mode de vie et de l’environnement, peuvent expliquer cette véritable explosion des maladies allergiques. Dès 1873, Charles Backley, un des pionnier de l’allergologie, décrit les allergies aux pollens (rhume des foins, asthme pollinique…). Il remarque que cette maladie est plus fréquente chez les citadins éduqués que chez les laboureurs illettrés. Il prédit « qu’avec la civilisation et l’amélioration de l’éducation, les maladies allergiques vont devenir plus fréquentes ». On admet actuellement que « l’occidentalisation » du mode de vie est responsable de l’augmentation des maladies allergiques. En général, les allergies, et tout particulièrement le rhume des foins, sont plus fréquentes chez les sujets riches que pauvres, dans les zones urbaines que dans les zones rurales, et dans les pays de l’Ouest plutôt que dans ceux de l’Est.

Une augmentation liée à la disparition des facteurs protecteurs

L’augmentation des maladies allergiques s’explique aussi par la disparition de certains facteurs dans l’environnement qui avaient un effet protecteur. Par exemple, la vie dans la ferme, très proche de l’étable, mettait les enfants en contact avec des particules dans l’air, les endotoxines (constituant de la paroi des microbes). Ces endotoxines limitaient probablement le développement des allergies.

De la théorie à la pratique

Les travaux de recherche visant à expliquer l’augmentation des maladies allergiques sont nombreux. La découverte d’un nouveau facteur qui démontrerait cette augmentation bénéficie d’une large couverture médiatique. Il faut se garder d’en tirer trop vite des applications pratiques, en modifiant par exemple son mode de vie. Ce qui semblait certain il y a quelques années ou même quelques mois, est parfois remis en question.

Publié le 15 avril 2013 - Mis à jour le 15 avril 2013